IMP et l'école

(avec un grand merci à Marta pour son coup d’œil :-) )

Pour comprendre rapidement l'impact de l'Intégration Motrice Primordiale sur le bien-être de l'enfant au niveau scolaire, il est hautement recommandé de lire un excellent article de Paul Landon à ce sujet:

 

Je bouge, j’ai 6 ans donc je suis…

Que faut-il à l'enfant de l'école primaire pour apporter des bonnes notes à la maison?

 

Nous savons tous très bien comment se déroule une journée classique à l'école et ce qu'il faut faire pour être considéré comme un bon élève:

 

  • venir ponctuellement

  • ne pas oublier ses affaires

  • écouter et comprendre ce que dit l'enseignant

  • rester concentré pendant la leçon

  • ne pas bouger sur sa chaise et ne pas bavarder avec les camarades

  • suivre ce qui est écrit au tableau et pouvoir le recopier dans son cahier

  • mémoriser la leçon

  • la restituer si on est questionné, oralement ou par écrit.

 

Tout ceci semble évident. Mais quand on a 5, 6 ou 7 ans et le système nerveux en pleine croissance, on peut être vite dépassé; en plus, à cet âge-là le petit homme n'a pas encore les moyens pour exprimer sa difficulté - par exemple, pour mémoriser les mots - d'une manière acceptable pour l'adulte. Il se fait donc gronder, son stress augmente et le cercle vicieux commence.

 

Reprenons point par point la liste du dessus:

 

  • Je viens ponctuellement à l'école.

 

Bien sûr. Il suffit de sortir à l'heure de la maison, se déshabiller, mettre les pantoufles aussi vite que ses camarades et arriver devant la porte de la salle de classe avant la sonnette. Mais qu'est-ce qui se passe si l'enfant voit en route des centaintes de choses intéressantes qu'il doit explorer, ou au contraire - il ne voit pas grand-chose, tellement il est préoccupé de fuir les enfants plus forts, puisqu'il est devenu une tête de turque? Ou, dans le vestiaire, ça lui prend une éternité pour (dé)boutonner sa veste et (dé)lacer ses chaussures?

 

En séance, on s'intéressera tout d'abord au sentiment de sécurité intérieure de l'enfant, en testant prioritairement le reflexe de paralysie par la peur (RPP), de protection des tendons (RTP) et de protection par les mains (parachute); on mettra en place les stratégies qui faciliteront à l'enfant son intégration dans le groupe.  Pour les questions de la motricité fine, on vérifiera le reflexe d'agrippement de Robinson et palmomentonnier de Babkin.

 

  • Je n'oublie pas mes affaires (l'étiquette l'Oublieux et le Mélangeur).

 

Oui, sauf si l'esprit de l'enfant est déjà sursollicité pour tout simplement s'orienter dans l'espace et déchiffrer les potentiels messages du danger - le système nerveux prends tellement d'énergie pour assurer le bon acheminement des messages audiovisuels et proprioreceptifs que le cerveau, préoccupé par cela, n'a plus de disponibilités pour garder l'information sur le cahier à mettre dans le cartable.

 

On regardera tous les reflexes qui peuvent, dans le cas de non-intégration, mettre l'enfant sur qui-vive (Moro, Perez, tonique labyrinthique (RTL) et tonique asymétrique du cou (RTAC)

 

  • J'écoute et je comprends ce que dit l'enseignant

 

Un fragment de l'article de Paul Landon, mis en haut de la page, explique parfaitement la potentielle difficulté de ce défi:

 

Mes oreilles écoutent

Voyons quelques éléments du système auditif et comment justement aider les enfants à mieux écouter.

Tout d’abord les oreilles ne sont pas sur le sommet de la tête comme les quadrupèdes (et le monstre représenté), mais sur les côtés de la tête. Cette disposition des oreilles est une des composantes de notre bipédie. Du fait que nos yeux sont à l’avant de notre visage, à cause de notre position bipède, nos oreilles se sont déplacées sur les côtés de notre crâne pour pouvoir VOIR et ÉCOUTER simultanément. Le prix à payer est que contrairement à votre chat, chien ou cheval, vos oreilles ne sont pas orientables. Pour écouter en direction du son nous devons tourner la tête dans cette direction. Nous n’avons plus de muscles pour orienter nos oreilles indépendamment de notre tête. Ce sont donc les muscles du cou (sterno-cléido-mastoidien, trapèze supérieur…) qui nous permettent alors de tourner la tête pour écouter. Nous é-cou-tons grâce aux muscles du cou.

Le bébé va apprendre, à l’aide du réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC), à orienter sa tête (oreilles et yeux) vers ce qu’il regarde et écoute. Ce réflexe est présent déjà en tant que foetus car il va jouer un rôle lors de la naissance puis reste actif pendant environ 6 mois après celle-ci.

Mes yeux regardent

La vision dépend elle aussi du RTAC et donc des éléments ci-dessus mais aussi d’autres réflexes dont le réflexe de Landau qui s’active à partir de 3 mois quand le bébé est placé à terre sur le ventre. Le système visuel humain n’est pas fait pour converger à courte distance et nos yeux doivent s’adapter à la vision proche. Nos yeux sont plutôt adaptés à la vision des paysages pour chasser et cueillir ou se recueillir. Un excès de vision rapprochée (ici nous parlons d’au minimum 10 heures par jour en additionnant école+écrans) et la myopie (dite scolaire) sera le prix à payer.  Nos yeux aiment ce qui bouge, ils sont conçus pour ça et c’est ce qui va leur faire du bien.

 

Il n'est donc pas évident pour chaque enfant de rester en même temps sagement assis sur sa chaise, concentré sur les paroles de l'enseignant et insensible à d'autres stimuli autour. Très souvent, son système nerveux n'est pas arrivée à la maturation pour ceci pendant les premières années de l'école primaire. Pendant la séance IMP nous travaillerons donc sur tout aspect de la perception audiovisuelle et de la latéralisation de l'enfant.

 

  • Je reste concentré pendant la leçon

  • Je ne bouge pas sur ma chaise et je ne bavarde pas avec les camarades

 

Voici encore un fragment, plus conséquent, de l'article de Paul Landon, pour bien illustrer ce que c'est la "concentration", comprise dans le sens scolaire, pour l'enfant:

 

Ma bouche est fermée

En d’autres mots : « Ferme-là ! ». Dommage, chronologiquement la bouche est notre premier espace cognitif (le fameux stade oral des psy). Les objets que notre main rencontre grâce au RTAC (cf. ci-dessous) sont directement apportés à la bouche pour y être explorés. Voyons comment tout ça se met en place:

Le bébé sur le dos entend ou voit quelque chose qui attire son attention. Comme expliqué ci-dessus il va donc tourner sa tête vers cette source intéressante au niveau auditif ou visuel. Ce faisant il active (malgré lui) le RTAC. Le RTAC va entraîner la main du coté où la tête est tournée. Le bras va donc se tendre du côté où la tête se tourne. Avec un peu de chance (et beaucoup d’entraînement) le bébé va toucher l’objet de son attention et le réflexe d’agrippement de la main (il en existe un pour le pied oui) va s’enclencher et, toujours malgré lui, il va agripper l’objet. Une fois l’objet en main le réflexe de traction des mains s’active pour tirer l’objet à lui (hochet, peluche, jouet) et automatiquement, grâce au réflexe palmomentonier, la bouche va s’ouvrir et l’objet y entrer afin d’être exploré par le réflexe de succion.

Nous avons donc : stimulus visuel ou auditif -> RTAC -> agrippement -> traction des bras -> palmomentonier -> succion.

Si un seul de ces réflexes est non-intégré alors, plus tard, l’enfant aura du mal à fermer sa bouche, voir il respirera par sa bouche (respirateur bucal).

La bouche fonctionne chez le nouveau-né grâce à deux réflexes opposés : le réflexe palmomentonier qui permet d’ouvrir la bouche et le réflexe de mastication qui la ferme. Ces réflexes sont souvent non-fonctionnels à cause du manque d’allaitement puis à l’excès de nourriture molle (fast food, petits pots, compotes…) qui dure tout au long de la vie et qui entraîne en grandissant un manque de tonus des muscles de la langue et de la mâchoire et donc une déformation orthodontique (ici le prix se paye en extractions dentaires sauvages et en appareillages).

La meilleure façon d’aider un enfant qui garde la bouche ouverte est de pratiquer avec lui une intégration tactile faciale, c’est-à-dire une sorte de stimulation douce du visage que peut vous montrer votre accompagnant en IMP en insistant autour de la bouche et de la mâchoire.

Le mouvement de Brain Gym approprié : les bâillements énergétiques.

Mes bras sont croisés

Les mains, chez les primates que nous sommes, sont un élément crucial pour manipuler (hé oui facile) et apprendre. En fait nous utilisons nos mains pour explorer notre environnement, avant que nos yeux et nos oreilles soient matures et pleinement efficaces, pour nous renseigner sur notre environnement. Les mains servent, chez le bébé, à amener son environnement à sa bouche le plus possible (voir ci-dessus). Pour maîtriser (même racine que le mot « mains ») ses mains et son corps plusieurs réflexes doivent se mettre correctement en place:

  • Ceux vus dans le paragraphe précédent : RTAC, agrippement, traction des bras, palmomentonier et succion.

  • Plus : la radiation du nombril, le réflexe de parachute et quelques autres.

L’activité la plus intéressante en Brain Gym pour aider à l’écriture et la manipulation (outils, souris, tablettes, téléphones et musique) est l’activation du bras.

Au niveau de l’IMP nous pratiquerons l’intégration tactile de la main : l’AMI 11 – La détente de la main (cf le pdf en page d’accueil).

Mes pieds ne bougent pas

Voici une liste des réflexes du pied :

  • Réflexe d’agrippement plantaire

  • Réflexe de Babinski

  • Réflexe de protection des tendons

  • Réflexe de flexion-extension croisée

  • Et pour contrôler ses jambes : RTSC

Si ces réflexes ne sont pas fonctionnels, il en découle les comportements suivants:

  • Manque de latéralisation

  • Difficultés langagières

  • Problèmes de concentration

  • Manque de coordination

  • Fatigue

  • Tendance à l’hyperactivité

Parlant non ? Je me dispense donc d’une explication.

Les pauvres posturologues, posturopodistes, ergothérapeutes ou autres ostéopathes qui voient cette affiche doivent s’arracher les cheveux de voir les pieds de l’enfant-monstre levés. C’est une catastrophe posturale. Nos pieds sont fait pour être en contact avec le sol et envoyer une multitude d’informations au cerveau, la position assise est non-naturelle mais il est impératif d’avoir au minimum les pieds en contact avec le sol. Les chaises doivent être adaptées à la taille de l’enfant (hauteur) et si nécessaire un tabouret ou une marche doit être placé sous les pieds (si la chaise est trop haute). Avoir les pieds ballants est néfaste pour la posture (sinon prévoyez l’abonnement longue durée chez le kinésithérapeute).

  • L’activité la plus intéressante en Brain Gym pour le bas du corps se nomme les flexions du pied.

  • Au niveau de l’IMP nous pratiquerons l’intégration tactile du pied : l’AMI 10 – La détente du pied (cf le pdf en page d’accueil).

  • Nous rajouterons le massage du pied quotidien à l’aide d’une balle de tennis molle ou d’une balle de massage appropriée.

  • Marcher pieds nus le plus possible, ne pas mettre de chaussures à un enfant dans la maison et encore moins à un bébé qui ne marche même pas : chaussures interdites à la maison pour tout le monde (et c’est plus hygiénique).

 

En conclusion

Par ignorance les éducateurs (parents, enseignants et même professionnels) cherchent à maîtriser le corps de l’enfant à ses dépends en lui donnant constamment des injonctions du type de celles de l’affiche qui motivent cet article. Mais ils ignorent tout des mécanismes permettant à l’enfant de contrôler son corps. Comme l’enfant est incapable de faire ce que l’enseignant demande la conclusion pour l’adulte est que l’enfant à un problème ou qu’il est méchant, qu’il le fait exprès. L’enfant lui grandit avec un manque de confiance en lui, un manque de contrôle physique et émotionnel.

Le système nerveux de l’enfant n’est pas mature, il n’a pas les moyens de contrôler son corps comme un enseignant (qui est lui rentré dans le moule éducatif et sociétal) peut le faire (lire à ce sujet l’excellent livre du Docteur Catherine Gueguen, Pour une enfance heureuse; repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau – Pocket). Le mode de vie contemporain (chaise+écrans) ne permet plus à l’enfant de développer ses compétences motrices (courir, sauter, nager, grimper, manipuler) et donc cognitives (penser, parler, mémoriser, réfléchir, calculer). Ces compétences cognitives découlent de la bonne mise en place des compétences motrices et sensorielles (on parle bien du développement psychomoteur de l’enfant).

 

Si les adultes ne donnent pas à l’enfant  les « outils » sensorimoteurs (sens et mouvements) adéquats l’enfant sera incapable d’apprendre (de prendre avec lui). Avec quelques connaissances et 10 minutes de Brain Gym ou de mouvement d’IMP par jour on obtient pourtant des résultats étonnants!

 

 

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